|
L’article 22a LAMal ou «Le chien des Baskerville»
Arrivé sans faire de bruit,
presque secrètement, l’article
22a LAMal [1] va provoquer
tumultes et remous. Entré en
vigueur le 1er janvier 2009, il
embarrasse aujourd’hui beaucoup
de monde: le corps
médical, parce que les critères
des informations exigées ne
sont pas clairs; la Confédération,
parce que la collecte des
données nécessaires est tout
sauf évidente; et les assureurs, parce qu’ils espèrent obtenir
des informations complémentaires intéressantes sans savoir
ce qu’ils veulent.

L’article 22a LAMal embarrasse aussi bien le corps médical que la Confédération et les assureurs

C’est à l’image du chien des Baskerville: tout le monde a
entendu dire des horreurs sur lui, mais personne ne l’a vu et
personne ne peut dire s’il est vraiment dangereux.
Suivons la méthode de Sherlock Holmes et examinons à
la loupe les données exigées par l’article 22a LAMal. On
constate que certaines informations sont très facilement disponibles
et peuvent être publiées sans aucun problème. En
revanche, lorsqu’il s’agit de l’ampleur et des coûts des prestations
fournies ou de la publication des produit et résultat
d’exploitation d’un cabinet médical, on peut quand même
se demander quel est l’intérêt de ces chiffres pour la politique
de la santé. Et l’article perd toute clarté dès qu’il aborde
les indicateurs de qualité qui ne sont nulle part correctement
définis.

Quels indicateurs de la qualité sont bénéfiques, lesquels ne le sont pas?

Cependant, le manque de clarté représente aussi une
chance pour la FMH. La Fédération des médecins suisses discute
actuellement, avec les organisations concernées, des
questions centrales concernant la mise en œuvre de cet
article de la LAMal, et cherche des solutions. L’objectif de ces
discussions est de répondre au devoir légal de livrer des données
à un coût administratif raisonnable – en tenant compte
des données déjà disponibles. Une fois encore, les données
propres du corps médical sont une bénédiction. Fournies par
les centres fiduciaires et la ROKO et préparées entre autres
par NewIndex, elles couvrent une partie des données exigées.
Le casse-tête sera, qui s’en étonne, de définir les indicateurs
de qualité à livrer. Conjointement avec d’autres acteurs
de la santé, la FMH s’efforce d’élaborer une solution appropriée
et bénéfique. D’une part, nous participons activement
à un groupe de travail réunissant des représentants de santésuisse
et des assurances pour déterminer les indicateurs possibles.
D’autre part, l’application de l’art. 22a LAMal est également
à l’ordre du jour des groupes de travail créés avec
l’OFSP pour concrétiser la stratégie Qualité de la Confédération.
Une chose est certaine, il sera extrêmement difficile de
trouver une solution simple et bonne à la fois, et le mieux
est d’avancer pas à pas, de manière concertée. Il faut
s’attendre à ce que la première publication de chiffres, prévue
en 2013, ne couvre pas encore entièrement les domaines
exigés par l’art. 22a LAMal. Une extension ultérieure des
données à publier devrait donc avoir lieu, avec des chiffres
et des indicateurs plus complexes.
Mais qui peut prévoir tout ce qui se passera d’ici là et ce
que la politique de la santé nous réservera… Ce que nous
savons déjà, c’est qu’à la fin, le chien des Baskerville a été
abattu.
Dr Daniel Herren MHA,
Membre du Comité central de la FMH,
Responsable du domaine DDQ
1 Article 22a LAMal: «Les fournisseurs de prestations doivent
communiquer aux autorités fédérales compétentes les
données qui sont nécessaires pour surveiller l’application
des dispositions de la présente loi relatives au caractère
économique et à la qualité des prestations. Les indications
suivantes doivent notamment être communiquées:
a. le genre d’activité, l’infrastructure et l’équipement,
la forme juridique;
b. l’effectif du personnel et le nombre de places de formation
ainsi que leur structure;
c. le nombre de patients et la structure de leur effectif,
sous une forme anonyme;
d. le genre, l’ampleur et les coûts des prestations fournies;
e. les charges, les produits et le résultat d’exploitation;
f. les indicateurs de qualité médicaux.»
|